Bruxelles – projet de rénovation du Théâtre les Tanneurs.

<collaboration avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et l’agence adn architecture>

Les recherches plastiques de Nicolas Grimaud produisent des objets visuels dans lesquels l’image se présente comme une expérience continuelle du voir.

À partir d’un répertoire de signes indiciels, il décline les codes du quotidien en une grammaire du sensible, rythmée de relations singulières entre formes et couleurs. Dans ses tableaux, le mouvement répété des motifs et leurs modes d’apparition s’entrelacent pour questionner nos habitudes de perception. Les compositions de Nicolas Grimaud donnent à saisir l’image bien au-delà de la somme de leurs éléments, comme le postulat d’un voir en constitution.

En projetant la matrice formelle d’un gymnase omnisports sur une partie du plan du théâtre, Nicolas Grimaud interroge le propre de l’espace théâtral, à savoir sa capacité à juxtaposer en un seul lieu réel plusieurs espaces régis par différentes conventions. L’artiste joue ici de cette spatialité hétérotopique pour rendre tangible l’expérience du seuil, l’expression d’un passage entre les codes du quotidien et ceux générés par les spécificités esthétiques du théâtre. Le marquage au sol, centré dans la zone liminale qui précède l’espace de représentation, n’est rendu visible que dans le foyer. Il indique cette tension du franchissement qui s’invente lors de chaque représentation. Ce travail se traduit dès lors comme la figuration du mouvement d’une géographie à une autre, permettant aux spectateurs de questionner les règles et les évidences qui déterminent leurs déambulations non seulement dans le lieu du théâtre mais aussi dans l’espace quotidien.

Wendy L. Toussaint, 2019

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