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  • Jean Pierre MULLER, 2003
    communiqué de l’exposition : nº19 - galerie 1sur1_2003

    Bien sûr, vous avez compris. Vous les avez reconnus, nos braves signes, « archétypes de l’image dans le paysage urbain contemporain ».

    Là, un piéton qui traverse, qui se réverbère et se démultiplie (façon Matrix) pour envahir le champ de la toile. Ici, un ouvrier qui creuse ; tant et si bien qu’il finit, au milieu de ses jumeaux, en trame de papier peint. Regardez plus loin. Mais oui, vous avez mis dans le mille : ces buildings sont le graphique d’un clavier d’ordinateur !

    Les personnages du code de la route se mettent à vivre leur propre vie, l’alphabet des cités forme des phrases nouvelles. Waouw ! C’est simple, c’est net, c’est clair. Oui, on a compris ! Mais compris quoi, au fait ? Et bien, le détournement des signes, voyons ! Pop et sans bavures. Sauf que…

    D’où vient alors que, sournoisement, une inattendue poésie vient s’immiscer ?
    Comment se peut-il qu’au travers des transparences, des jeux optiques, c’est un auteur qu’on aperçoit ?
    Et ces imperfections qui soudain nous parlent de peinture, et ces rythmes qui interrogent la fonction de l’image ?…

    Car, oui, Nicolas Grimaud est très maladroit.
    Il croit dur comme fer être un simple anthropologue des codes graphiques de nos cités, méticuleux et exigeant, classifiant sans relâche dans ses carnets les différentes formes des camionnettes ornant les signaux d’interdiction de stationner, dans le temps et dans l’espace… Comme si, franchement, cela pouvait nous intéresser !

    Mais ce faisant, incidemment, il nous offre son portrait à travers celui de la Ville.
    Et toutes les nuances qui le constituent sont les miroirs d’un palais des glaces où l’on peut se perdre avec bonheur, ne sachant jamais ce qui constitue la réalité, son reflet, son signe, le jeu, l’image ou nous-mêmes.
    Et ça, c’est bien plus fort…

    Jean Pierre MULLER